Le lundi la ville est en sommeil. Les rares passants ne disent mot, marchent d'un pas pressé d'un endroit à un autre. Les rues sont désertes, la ville en parait morte et morne.
Le lundi, Toulon ne vit plus.
En marge du temps, le vent souffle et ramène les feuilles sur les traces du marché, la ville est suspendue, en arrêt.
Le lundi, le temps passe.
lundi 2 novembre 2009
Lundi à Toulon
vendredi 31 juillet 2009
Disparue
Un mois bientôt sans une trace
Disparue sans laisser de traces
Sans un mot dans un silence absolu
Disparue sans donner signe de vie
Est-ce sa voix dans le murmure du vent dans les arbres ?
Est-ce son reflet dans les eaux transpercées de soleil ?
Est-ce son regard dans la pénombre des heures de la nuit ?
Un mois bientôt
Elle a perdu sa propre trace
Repères disparus
Un trait continu
Un mois bientôt
Il est temps de réapparaitre
Les vacances
Sait-on vraiment d'où vient le mot vacances ?
Une absence, un vide, voilà le sens du mot vacances.
Dans ce vide, on tourbillonne
Voyages, sorties, fêtes
Un vide obsédant qui jamais ne se révèle à nous
Un vide qu'on rêve tant d'obtenir pour le combler à nouveau
Les vacances, un repos pour la tête, un repos pour le corps
Combien attendent ce moment, permettant ainsi à l'instant d'être supportable
Et ce temps devant soi, impassible, tranquille
Le rendre à nouveau dense, sans perdre un instant
Il suffirait pourtant d'un vide absolu
Vide du langage
Vide de l'apparence
Vide du temps
Une absence complète
Le silence
Le silence est parfois une arme, parfois un repli
Souvent obligatoire ou faisant partie d'une règle implicite ou non
Il est à la fois force et résignation, contraint ou délibéré
Et parfois le silence est une absence, une absence à soi
Des mots qui trainent, hésitent et ne finissent pas de ne pas venir
Des hésitations, des trous béants, des instants suspendus
Des riens, des petits bouts
Impossible à dire dit-on parfois
jeudi 18 juin 2009
Inspirée...
Une inspiration
Juste un instant sentir cette inspiration
Le corps parfaitement lissé dans l'inspiration
Une inspiration
S'étirer dans le geste tranquille
S'ouvrir dans une ultime confiance
Une inspiration
Comme l'enfant qui violemment en fait la découverte
Seule façon pour lui de vivre enfin
Une inspiration
C'est presque rien
C'est presque tout
Une inspiration
C'est aussi un vent qui chasse les nuages
C'est une vision d'un autre monde
Une inspiration
C'est l'état d'humain qui se dépasse
C'est le signal
mercredi 17 juin 2009
Un feuille qui tombe
La feuille qui glisse
Les mots qui ne courent plus
La feuille glisse imperturbable
Elle s'échappe de nos doigts malhabiles
Les pauvres mots ne sont plus rien
Égarés dans le silence de l'instant
Il ne reste que des mots glissés
Des mots glissants sur la feuille lisse
Ils glissent sans vouloir livrer le secret du sens
La feuille glisse et les mots avec.
mardi 16 juin 2009
L'écoute
Tu parles bas
Il me faut tendre l'oreille
Surtout ne pas t'arrêter
Laisser la respiration se faire discrète
Ecouter les mots et les silences qui forment tes phrases
Tu parles bas
Tu parles pour toi
En silence je recueille ces mots
Adressés par toi à toi
Mes propres mots dérisoires sont simples
Peu de choses à vrai dire
Juste quelques silences bas
Juste un murmure
Tes paroles sont les miennes
Les mêmes interrogations dans tes mots
Les mêmes hésitations sur l'intonation
Tes paroles réveillent mes silences
Ton chemin est le mien
Juste humain
Juste pas facile d'être
Juste si troublant d'être
lundi 15 juin 2009
La lignée
Ils vont par deux
Comme des paires
La mère et la fille
La mère et le fils
Plus rarement le père est présent
Ils vont par deux
N'êtes vous pas frappés par leur ressemblance
Des miniatures portraits d'un plus grand
Étrange similitude de deux êtres différents
La différence se situe ailleurs ?
Qui peut le dire
samedi 13 juin 2009
Un verre de trop
Juste le dernier
Pour accompagner les discussions
Pour rire plus fort encore
Dans la douce ouate qui t'enveloppe
Un verre de trop
Tu regardes et tout devient trop vrai
Un peu de rien, un peu de tristesse
Un rassemblement pour oublier
Un verre de trop
Tu vois le visage de ta propre absence
Un verre de trop
vendredi 12 juin 2009
Le temps de la jeunesse
Est-ce que tu entends le vent de la rue jusque chez toi ?
As-tu remarqué que la jeunesse est dans les bars, les endroits qui bougent ?
As-tu vu les traces des autres sur tes pas d'antan ?
As-tu mesuré à quel point tu n'es plus de ce temps ?
Pas de regrets, de nostalgie,
Juste un constat
Comme on regarde le monde
Pas d'amertume, de rancœurs
Un temps qui passe
Un autre qui s'installe à son rythme
Mais quand même une question demeure
Pourquoi sont ils si jeunes dans les rues du mourillon ?
Comment peuvent ils sortir dans des endroits si chers ?
Mais quels âges ont-il vraiment ?
Le mystère de la crise...